Monday September 22, 2014 at 0:05

dans la cour

Une mauvaise journée, projets abandonnés, corps gourd, fantasque, petites douleurs crispantes.
Me suis consolée (à vrai dire n’avais guère l’énergie d’en être navrée) car la grande lumière qu’espérais et qui s’annonçait s’est tout le jour évanouie derrière un voile plus ou moins épais et mon idée de monter au fort Saint Jean (ne sais d’où ça me venait) n’était pas exactement d’acutalité.

comme après le thé, je reprenais un peu de tonus, me suis à nouveau accroupie, raclant les carreaux, nettoyant autant que pouvais jusqu’à ce que mes jambes ne soient que boules de nerfs et muscles en refus
me suis arrêtée, assise par terre un moment pour retrouver aisance, contemplant une fois encore, admirative, méditative, la vitalité du porte-greffe de mon saule décrépit, qui cette année jaillit en branches conquérantes.
Et rien de plus

Sunday September 21, 2014 at 6:17

Sunday September 21, 2014 at 0:04

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Effleurer la fête de l’intra-muros

Brigetoun scrutant l’aube sur la cour, s’interrogeant sur l’état du sol et des plantes, et tentant d’imaginer le jour, parce que la météo disait orages pour samedi, mais qu’orage il y avait eu à une heure du matin, et que là, au réveil, la pénombre n’était que silence.

En fait le ciel s’est réveillé en gris, la cour en humidité sale, la lumière a pointé lentement, mais j’avais opté pour lavage de cheveux, écoute d’une émission, ménage minimum, petites recherches, et, si possible, ébauche d’une étape du voyage imaginaire pour les Cosaques des frontières.. et n’ai pas bougé.
Seulement, vers quatre heures, la lumière était si belle que suis partie, décidée à me limiter (pas grande forme et j’avais dit pas trop de photos – euh?), à ignorer le patrimoine, et la braderie…
Juste marcher vers la place des Carmes, le cloître, la maison Manon, notre petite mairie de quartier puisque j’avais découvert que c’était le tour de la fête de l’intra-muros ou du centre ville (qui n’est pas au centre) avec tout tout plein de petites activités
et bien entendu j’y suis passée en période creuse, quand la fête survivait avec langueur, entre activités finies et futures, quand le grand échiquier dormait, même si quelques unes des tables étaient occupées,
quand les fans du tremplin jazz étaient en attente, à côté des jongleurs, démonstrateurs de tai chi chuan, wa jutsu, au repos, quand n’étaient pas partis, après ou avant les récitations de poèmes d’Amérique du Sud, bien après le déjeuner.. 
J’ai fait un tour à Saint Symphorien, l’église des Carmes, mais ce que je préfère c’est l’amour de la lumière et des ombres pour sa façade austère et les vieilles dalles, 
J’ai fait un tour dans le cloître, ai ignoré avec soin l’initiation au Warhammer Apocalypse qui ne concernait que quelques jeunes adultes et leurs élèves gamins, parce que c’est vraiment trop laid et que ça ne m’intéresse vraiment pas, ai regardé les membres d’une petite troupe de théâtre débarrasser le plateau devant quelques chaises où attendaient les spectateurs – j’ai fait un tour en attendant à la maison Manon pour sourire aux dessins des écoliers, donnant leur vision de la ville
et suis revenue pour faire la claque le temps des premières scènes de la Locanderia
avant de passer au jardin, de regarder avec tout l’attendrissement qu’ils méritaient les jeunes artistes qui travaillaient à une fresque, de flâner devant des jeux et des étals de quatre-quarts et autres gâteaux de famille,
et puis comme les petites douleurs diverses m’agaçaient, comme toussais rude, après avoir savouré un moment le très agréable jazz bonhomme de mes contemporains, sans attendre la suite des festivités et surtout pas le concert qui ne viendrait qu’en soirée, ai décidé de ranger la vieille,
en passant, puisque c’était presque mon chemin, par les Pénitents noirs au royaume du baroque, du marbre en bois peint, mais aussi au pays de l’intégrisme ce qui me mets chaque fois vaguement mal à l’aise…
en cédant à la lubie de prendre, pour me reposer ? 
le trajet le plus court, en franchissant tout dret le rocher, par l’escalier Saint Anne,
avant de redescendre vers la place du palais, me souvenant tout d’un coup que j’avais dit pas trop de photos, et me bornant à la jouissance de mes yeux dans la splendide lumière.
Thé, bourbon, miel et musique baroque..
Pardon, suis inguérissable…

Sunday September 21, 2014 at 0:03

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soir d’une vie de danse

Sans titreIl est loin le temps où ses professeurs lui répétaient comme un mantra de maîtriser son corps, de le dompter, de le contraindre pour devenir une véritable danseuse. Comment a-t-elle pu croire cette directive oppressante ? À quinze ans, on a confiance dans les paroles des professeurs qu’on admire, surtout ceux de l’opéra de Paris. Jusqu’à ce qu’on soit éjectée comme une moins que rien. Comme si tous les efforts des années précédentes comptaient pour du vide. Et alors l’espoir de devenir danseuse professionnelle se désagrège. Et on est démuni, parce qu’on n’a jamais songé à quoi que ce soit d’autre. Et on pleure, et on pleure, et on pleure. Et puis on redresse la tête, et on jure en son for intérieur que personne ne se mettra en travers de ses rêves. Et on y va. Alors, on voit que le monde est multiple, qu’il y a d’autres options, et que le corps n’est pas une chose que l’on dresse. Et on rencontre, et on apprend, et on vit, et on danse. On danse.

Ce soir, Angéline veut s’éterniser, danser encore et encore, pour toujours. Elle sait que la musique va s’arrêter. Les larmes inondent son corps à l’intérieur, elle ne peut pas stopper leur déversement ininterrompu, pas plus que le déferlement de tristesse. Elle pleure comme lorsqu’elle avait quinze ans, même si ses larmes se sont réfugiées dans la chaleur de son corps. Elle se demande, de nouveau, ce qu’il va advenir d’elle. Elle a beau savoir que le monde est immense et que la vie se déploie à l’infini, elle craint de ne plus avoir assez de force, cette fois. Ce soir, elle ne devrait pas être là. Comme elle n’aurait pas dû être à New York, à Cuba, à Londres ou au Sénégal.

Cécile Benoist

Angéline danse

http://nerval.fr/spip.php?article156

sur la revue nerval.fr

Saturday September 20, 2014 at 14:59

Saturday September 20, 2014 at 11:11

Saturday September 20, 2014 at 6:15

Saturday September 20, 2014 at 0:02

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Vendredi de septembre


Petite fièvre rodant, météo annonçant pluies éparses pour vendredi, orage pour samedi… regardé le ciel gris, pris du magnesium, vu qu’averse n’était pas, mis mon vieil imperméable sur une robe rouge, pour me mettre en joie, et m’en suis allée acheter une nouvelle cafetière, puisqu’après six ans de bons et loyaux services l’ancienne m’avait abandonnée (ou plutôt le joint) mercredi matin.
Suis tombée sur une braderie, me suis armée de bonnes résolutions, les ai respectées sans peine puisque suis presque sans un sou provisoirement (enfin relativement aux prix des premières boutiques de ma rue) et puisque, surtout, il y avait principalement des ravans de l’été, et rien pour ma tiote taille. 
En suis restée à la soeur jumelle de mon ancienne Vénus (puisque tel est son nom) et à quelques légumes…
et, sur le chemin du retour, après avoir reçu quelques grosses gouttes paresseuses, que les restaurateurs de la rue du Vieux Sextier saluaient en ouvrant leurs parasols au dessus des ébauches de couverts, j’ai vu, en quelques minutes, le bleu fendre les nuages, s’étendre, la lumière percer.
Un petit tour sur internet, en aimant presque tout ce que lisais… avant de faire et jeter trois cafés, rituellement, de cuisiner, déjeuner, siester en profonde absence.
J’ai trouvé, notamment, ceci dans le dernier des billets de Pierre Ménard (je me permets de vous conseiller de le suivre, si ne le faites pas, c’est émerveillements, intelligence, etc…) http://liminaire.fr/au-lieu-de-se-souvenir-16/article/la-vallee-des-poupees dans la bouche de Ayano Tsukimi, qui a peuplé la vallée où elle vit avec son père, sur Shikoku, de grandes poupées tricotées (allez y voir, l’idée est jolie mais surtout les sculptures de laine sont belles) : Je suis très douée pour faire des grand-mères. Je tire des fils autour de la bouche et elles sourient…
ce qui rejoignait, en mieux, ce conseil de ma mère qui, ça m’a toujours agacé, se révèle juste chaque fois qu’il me vient en mémoire et que je l’applique : relève les coins (expression très cheftaine qui appelle rituellement chez moi une grimace d’exaspération, ce qui finalement m’amène à ébaucher le relèvement des coins de la bouche préconisé) et ça ira mieux…
alors, puisque cela ne marche que si on ne me le conseille pas, mais que besoin en ai, je me suis occupée à sourire, à tenter de le faire vraiment, en nourrissant la grimace de petite lumière interne, faiblarde et douce ou par moment plus éclatante, et en gros ça a marché, le sourire a flotté à la surface de ma sacrée fichue petite fièvre, et l’ai aidé en fuyant les sources de fureur triste qui nous viennent du monde…
et puis me suis fatiguée bien soigneusement en passant une heure et quart à croupetons dans la cour avec une brosse pour détacher autant que pouvais le mélange de terre, feuilles et gravats, et en remplir la moitié d’un sac de 10 litres que trainais derrière moi, ce qui m’a laissé béatement anéantie, massant mes jambes.
Aujourd’hui normalement : orages.

Friday September 19, 2014 at 18:22

Friday September 19, 2014 at 11:58

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