
Pluie, petits problèmes domestiques pour savoir que l’on existe, solitude réelle et virtuelle décidée, regardé les deux sacs de linge pour blanchisseur et teinturier, consulté forces, laissé, et suis partie tout doux pour acheter des pommes, par la rue Joseph Vernet, sous un souvenir de pluie, presque absente, juste suffisante pour faire ressortir le rose effacé d’une ancienne annonce que je n’avais jamais remarquée, que je n’ai pas déchiffrée, qui jouait joliment avec la sophistication réservée de la boutique Cacharel.
Les portes cochères, habituellement fermées, de la rue de la petite fustrerie baillaient dans la mollesse du jour et m’ont offert des pauses contemplatives devant l’idée de végétation, bien contenue entre les pierres de l’ancien Collège de Sénanque,
et la chaleur dessinée d’une cour que j’aurais aimée mienne ou amie.
Et puis me suis cachée de la vie et de moi (avec des petites incursions pour lire les autres) et suis repartie au Québec, révisant les films oubliés, presque, ou jamais vus de Michel Brault et Pierre Perrault, sur le site de l’ONF, découvert grâce à François Bon,http://www.onf.ca/explorez-par/titre/ et j’étais bien, si bien que j’ai jeté un oeil sur Gilles Carle, et ce que je trouvais de leurs successeurs.