Wednesday April 23, 2014 at 9:12

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Mardi, ce fut…


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ce fut, après un réveil très tardif le jour où ce n’était pas recommandé,
après trois distributeurs de billets hors d’usage quand j’ai réalisé en catastrophe que je n’avais que cinquante euros, ce qui en fait était beaucoup trop,
après l’annonce d’un taxi en retard, qui ne le fut guère,
après de multiples calme-toi efficaces, sauf pour les tripes avec leur goût pour l’indépendance,
arriver avec un quart d’heure d’avance au Pont des deux eaux (il faudra que j’essaie de savoir ce qu’elles sont ces deux eaux situées là)

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ce fut grimper lentement vers l’attente 

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ce fut voir tous les cabinets s’ouvrir, sauf celui des pneumologues, sourire comme feuilles dans un peu de soleil, laisser l’arbre crier pour moi
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ce fut un peu plus de trois quart d’heure après, un très attentif et gentil toubib, perplexe devant mes images, ce fut rendez vous pris pour, jeudi, attendre le moment où, entre deux malades, entre quatorze et dix neuf heures, il trouvera temps de me soumettre au tuyau voyeur
ce fut espérer fortement que cela s’arrêtera là, lasse suis des sourires accompagnant l’annonce de nouveaux examens, les ai trop connus

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ce fut attendre, longuement encore, en pensant à ceux qui n’ont que ce moyen de venir intra muros, le bus me ramenant

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ce furent les aspects divers de la ville hors les murs, les pavillons, les «délaissés», les immeubles, et cette fuite des nuages dans le bleu qui dura tout le jour, au moins quand regardais..

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ce fut décider, en abordant les remparts, que j’avais envie de marcher, descendre, entrer dans la ville

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ce fut les rencontrer dans une vitrine, les prendre pour frères
avec leur regard confiant et méfiant, leur réprobation impuissante

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leur désir de sélectionner ce qui, son ou image, leur parvient,

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leur force (euh peut être un peu moins) leur laideur coquette….
et puis l’énervement retombant, lire un peu ce qui était paru sur le web, avant de sombrer dans un sommeil-fuite-effaceur
et puis, comme pas trop capable de lire, regarder, écouter, une fois de plus la grande duchesse Félicity Lott
Se sentir honteusement à côté, ne pas avoir vraiment envie de se forcer.

Wednesday April 23, 2014 at 0:01

Tuesday April 22, 2014 at 10:40

Tuesday April 22, 2014 at 0:01

À La Pérouse ou Tamentfoust


J’avais dix-sept ans, je crois.
J’avais dix-sept ans et les parents m’avaient offert, des vacances à Alger, chez mon parrain, l’oncle ainé.. à Alger et bien sûr à La Pérouse (qui aujourd’hui a retrouvé le nom de l’ancien Bordj, Tamenfoust, mais alors, en 1959 on disait encore La Pérouse)
C’était le soir, sur la plage, devant le hangar à bateau, sous la maison.
J’étais seule, le garçon qui avait de belles mains et qui me lisait, assis sur le sable, Kaputt de Malaparte, était rentré dans la villa de ses parents.
J’étais seule, je ne sais pourquoi… ma petite cousine avait, pour une raison ou une autre, peut-être parce que Malaparte l’ennuyait, préférer remonter vers la maison, la véranda, au dessus de la plage où je restais, dans le silence, prête à me replier, puisque le couvre-feu était passé.
Je regardais la mer. Je rêvassais. Les poissons, les mêmes qu’en face mais plus nombreux ici… comme les montagnes étaient plus grandes..
Je repensais à ces jours, depuis que j’étais là,
à l’épicerie du village où nous étions servies en priorité, et je m’offusquais de ce privilège, à moins que ce soit pour se débarrasser de nous…
à la toute jeune adolescente, la fille du fermier, dont les oies me terrorisaient comme dans mon enfance, qui devait déjà découvrir la gêne, l’encombrement, du voile et restait sur le bord pendant que nous pataugions, couteau en main, pour récolter les anémones de mer, qui se réduiraient, presque jusqu’à ne plus être qu’une bouchée parfumée, quand nous les ferions frire….
à la réunion des femmes autour de ma tante, sous le grand eucalyptus du jardin de derrière, les bavardes, les silencieuses, les rires, les mains peintes, le coton soyeux…
aux plaisanteries de l’homme qui venait proposer sa pêche le matin…
aux siestes derrière les volets entrouverts sur la chaleur qui écrasait la terrasse aux azulejos…
aux circulations de jardin en jardin, à travers les haies, pour nos surprise parties quand l’heure nous interdisait la petite rue…
à toutes ces nervosités, angoisses tues, ces liens qui se modifiaient en silence, ou non, comment pouvais-je savoir…
à la colère de mes cousins ainés, au désarroi de leurs parents me disent mes souvenirs..
à notre jeunesse, notre futilité, instinctive et appliquée.
journée un peu à côté… me borne à reprendre ce texte publié chez les cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com

Monday April 21, 2014 at 12:18

Monday April 21, 2014 at 8:51

Monday April 21, 2014 at 0:06

2 notes

piteux pantoum pour jour de paix

Cloches balancées, hors des pierres,
dans l’air cristallin, les tintements.
Debout dans la cour, ciel sur pierres,
je reste sans pensées, si calmement.
Dans l’air cristallin, les tintements
entrent dans les chambres, dans le palais.
Je reste sans pensée, si calmement,
usée comme carreaux vieux au palais.
Entrent dans les chambres, dans le palais,
échos de la paix bleue au ciel rêvée.
Usée comme carreaux vieux au palais
cherche traces d’élans, si j’en avais.

Monday April 21, 2014 at 0:04

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Le château sans bois

Sans titre20 septembre. On nous demande d’abattre des arbres pour barrer certaines routes. Le commandant me demande d’examiner de près un château qui semble abandonné. Je vois dans le jardin deux ponts dont ne subsistent que les piles et les armatures métalliques, mais dont on a ôté les planches, empêchant ainsi de franchir la rivière. J’en parle au commandant qui veut voir lui aussi ce lieu étrange. Je traverse devant lui en m’accrochant au parapet de fer, il me suit avec son ordonnance. Quelle n’est pas notre surprise de voir que, bâtie en pierre et entièrement recouverte par un toit en bon état, la maison ne possède dans ses ouvertures aucune porte, aucune fenêtre. Nous entrons. Je monte un escalier de pierre car le commandant veut voir le premier étage. J’engage mon pied sur ce que je croyais être un parquet et je sens le vide : le palier n’a pas de plancher. Je sens déjà en moi l’épouvantable chute que je vais faire, j’entends mon crâne se briser sur l’escalier de pierre. Quand je me suis reculé, l’ordonnance du commandant m’a soutenu, par chance, d’un bras vigoureux. Nous faisons très attention pour redescendre et nous éprouvons tous les trois une impression d’épouvante, comme si la maison avait été construite pour provoquer des crimes. Nous avons l’intention de revenir l’explorer de plus près, mais nous sommes déplacés et le château n’est plus dans notre secteur. Je ne saurais jamais son histoire.

Henry Bauchau

«L’enfant rieur»

Babel

Sunday April 20, 2014 at 19:05

Sunday April 20, 2014 at 15:09

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