Thursday August 28, 2014 at 0:06

3 notes

Tarascon, en désir de grande chaleur et fatigue – 1er acte longuissime

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Dans la cour, en fin de matinée, devant la splendeur du ciel, enfin, m’est venu une envie de bouger, suer, m’exténuer, me couper de tout… chercher un endroit proche et que je ne connais pas, penser Tarascon, déjeuner rapide, regarder heures trains
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et partir un peu avant quinze heures pour la gare… programme réussi grâce à Tarascon : belle chaleur, un peu plus de trois heures de marche, d’escaliers, mais aussi de photos… et perplexité ce soir où suis crevée, qu’en faire ? En supprimer bien sûr, mais pas tant, n’ai pas d’esprit critique, pas d’esprit du tout, alors un trop plein d’images, presque sans mots, images qui ne représenteront qu’une partie, le reste gardé pour les jours suivants (êtes prévenus)
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Quelques minutes de trajet, et retrouver des platanes, taillés plus bas, plus ordonnés que les nôtres, une lumière qui ardait comme celle laissée, des façades provençales, cousines moins familières que celles que côtoie, un côté juste un peu plus rustique, un peu
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Prendre la rue des Halles, faire un détour pour passer aux Cordeliers, où ce qui en reste, une belle salle, l’ancien parloir, avec une dame du syndicat d’initiative, lui sourire, franchir une porte et déguster, seule, le charme des trois côtés qui restent de l’ancien cloître.
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Saluer une belle façade, Tartarin comme ça c’est fait…, et rejoindre les arcades de la rue des Halles, leur belle simplicité, leur vigueur, et la douceur de l’ombre en laissant flotter un oeil indifférent sur les vitrines, leur préférer les murs dominant les arcs
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Par la rue Clerc de Molières, et d’autres, sais plus trop… en longeant des façades plus ou moins noble, en saluant une tour perdue, en goûtant la naïveté sèche d’un macaron, la voilette gris vert d’un olivier sur des pierres
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gagner la collégiale Sainte Marthe, ce qui reste des sculptures, assez savoureuses, peut être davantage d’être fragments, découvrir que non elle n’est pas enterrée à Avignon, mais ici et que ce fut lieu de pèlerinage pour grands du monde ancien, flâner devant traces d’époques différentes, avec l’accompagnement d’une très faible musique d’orgue enregistrée, délicieusement méditative
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tourner autour de l’église, regagner par la rue de l’Ancien collège, le boulevard du roi René (le bon roi)
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et se trouver face au château, longer façades, faire une pause, baignée de lumière 
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franchir les douves et leurs herbes frissonnantes, dans le gazouillis de l’eau qui s’échappe sous le pont, entrer
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s’attarder dans la basse-cour pour que s’ébranle un groupe qui me gâchait mes photos, et les louper un tantinet, gagner le long logis des services
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la billetterie, les épées de bois, les chevaliers en plastique et autres marchandises, les toilettes, et le plaisir de découvrir les pots et boiseries de l’apothicairerie de l’ancien hôpital
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et puis sortir dans le merveilleux petit jardin de lavandes, fusains, herbes odorantes et médicinales… en rester là – m’est avis que c’est plus que suffisant et ma gratitude admirative pour ceux qui seront arrivés là

Thursday August 28, 2014 at 0:04

Wednesday August 27, 2014 at 0:03

3 notes

tanka morose, un peu

Un ciel gris posé,
léger, sur nous, bleu par trous,
et des graffitis…
la ville comme mon âme

perdure, brouillée, un peu


PS pardon, mais besoin juste de ça
Sapin/Macron plus Hollande et Valls, nous tombons mes amis, nous tombons, et allons nous offrir un déficit record, l’approbation et le mépris de Merkel 
(avec comme alibi Najat Belkacem pour meubler avec les empoignades programmées avec la droite, prouvant que oui, ils sont de gauche)

Wednesday August 27, 2014 at 0:02

1 note

Les docks de Londres (fragment)

Sans titre«Où vas-tu ? ô splendide navire», demandait le poète étendu sur le rivage et qui regardait le grand voilier disparaître à l’horizon. Peut-être, rêvait le poète, cinglait-il vers quelque port du Pacifique ; mais un jour, presque à coup sûr, il avait dû entendre un appel irréversible, passer le Cap Nord et les Recuiver, entrer dans les eaux étroites du port de Londres, glisser devant les basses rives de Gravesend et de Northfleet et de Tilbury, remonter Erith Reach, Barkig Reach et Gallion’s Reach, longer les usines à gaz et les champs d’épandage jusqu’à trouver tout simplement, comme une voiture sur un parking, une place réservée dans les eaux profondes des docks où il avait cargué ses voiles et jeté l’ancre.

Si romantiques, libres et capricieux qu’ils paraissent, il n’y a guère sur l’océan de navire qui ne vienne en son temps jeter l’ancre dans le port de Londres. D’une vedette au milieu du fleuve on peut les voir remonter le courant, portant encore toutes les marques de leur voyage. Il vient des vaisseaux de ligne, hauts perchés, avec leurs galeries et leurs tendelets et leurs passagers cramponnés à leurs barges et penchés sur le bastingage pendant que les lascars grouillent et se bousculent sur les ponts inférieurs – les voici chez eux, et mille de ces grands navires viennent chaque semaine de l’année s’amarrer aux docks de Londres. Ils font route majestueusement à travers une foule de cargos vagabonds, de charbonniers, de barges chargées de houille, et d’une nuée de bateaux aux voiles rouges qui, malgré leurs airs d’amateurs, apportent des briques de Harwich ou du ciment de Colchester – car tout est commerce, ici, pas de plaisanciers sur ce fleuve. Attirés par quelque courant irrésistible, ils arrivent des tempêtes et des calmes, du silence et de la solitude des mers, jusqu’à l’ancrage qui leur est assigné. Les moteurs s’arrêtent, les voiles sont carguées, et soudain les cheminées bariolées et les grands mâts apparaissent, incongrus, devant une rangée de maisons ouvrières ou les murs noircis d’énormes entrepôts. Une curieuse transformation a lieu. Ils n’ont plus derrière eux la perspective normale de la mer et du ciel, ni l’espace nécessaire pour étirer leurs membres. Ils gisent, captifs, créatures ailées saisies par les pattes en plein essor, entravées, puis jetées sur le sol aride.

Virginia Woolf

traduction de Pierre Alien

«La scène londonienne»

collection Titre

Christian Bourgeois éditeur

image port de Londres par Derain

Tuesday August 26, 2014 at 18:29

Tuesday August 26, 2014 at 1:15

3 notes

mardi, août 26, 2014

regarder le ciel en attendant

sortie le matin en regardant le ciel qui varie à chaque coin de rue,
parce que envie et besoin j’avais de m’émerveiller, simplement, en début de nuit,
et que, puisque le 14 juillet, comme souvent, il y avait trop de mistral,
puisque le 21 juillet, date de report, je n’étais pas disponible, mais avec Henri VI à la Fabrica, et qu’accessoirement il y avait un mistralounet

et que donc nous n’avons pas eu de feu d’artifice sur le Rhône,
mais parce que il y a soixante dix ans Avignon, qui avait d’ailleurs déjà été déserté par les allemands, était libérée, comme Paris, mais pas par les mêmes
et que cette année, outre l’habituelle petite exposition devant la mairie (j’ai interrogé un correspondant de guerre entre sa machine à écrire et sa radio de campagne, qui m’a confirmé que, moi, à Ajaccio, j’étais déjà libérée… le savais bien, je venais même de subir une alerte, coincée dans le gilet de sauvetage d’un officier pendant que le bébé l’était dans celui de ma mère, en mer, en route vers Alger)
parce que donc, outre l’amusement des passants sur la place, et un dépôt de gerbes au monument aux morts, l’occasion était belle d’utiliser les fusées et bouquets prévus…
le ciel a continué à virer pendant l’après-midi, comme les nouvelles du têtu premier ministre malheureusement toujours actuel…
le vent était tout faible, la température désespérément trop basse à mon goût, carcasse entêtée à vouloir s’absenter dans le sommeil, mais,
un peu avant 22 heures, ai mis un petit veston sur ma robe, ai descendu l’escalier, me suis mêlée aux gens qui passaient au coin de ma rue, ai fait les quelques pas nécessaires pour franchir les remparts, ravie de voir qu’il y avait nettement moins de monde que d’habitude assis sur l’esplanade entre les ponts, et me suis installée à la rive du pré pour regarder, aimer, mitrailler..
n’arrivant pas à régler mon appareil – ai trop, beaucoup trop de photos et j’en ai jeté tout autant, peut être plus – les élans, rythmés, merveilleusement rythmés cette année, sans esbrouffe et en beauté, de ce spectacle plus condensé que d’habitude,
mais qui méritait parfaitement son titre : effervescence ce que des photos, même de meilleure qualité, n’auraient pu refléter (je n’ai aucun mal à être dans le ravissement, le plaisir, l’absence de pensée et de jugement, dans ces cas là, mais je crois que cela le méritait)

Monday August 25, 2014 at 6:09

Monday August 25, 2014 at 0:03

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D’un agréable oloé-faute-de-mieux et de l’été 2014

Matin ciel bleu ferme et soleil pendant que vaquais
à l’heure de la sieste j’ai voulu aller, à côté, sur le chemin de berge de la Barthelasse, comme vrais et faux bourgeois des temps anciens à l’île de la Jatte, mais le ciel s’était légèrement voilé, brouillé, la flemme mienne était grande, et surtout j’étais si bien, debout contre le mur de la cour, oubliant que la lumière ne daignait plus toucher mes pieds, dans les odeurs discrètes des feuilles, et la tiédeur, juste la douce tiédeur, maintenant que l’été en sa grande virulence ne m’en chasse plus en tentant de me carboniser, qu’y suis restée pour avancer dans ma lecture actuelle, où j’oscille entre intérêt, plaisir, parfois admiration, et agacement navré, jusqu’à y renoncer provisoirement pour rêver, chercher une idée, et tenter d’obéir aux indications de François Bon pour la huitième proposition d’écriture pour l’été 2014,http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4012, en lien avec ma tentative pour le troisième puisque, indépendamment de la qualité ou non qualité de ce qu’ai pondu, je ne suis pas partie, comme c’était prévu, de l’idée d’un virtuel texte de roman en projet mais de petites idées séparées, mais même ainsi ce qui m’est venu, malgré mes essais, était vraiment par trop nul… tenterai peut-être une autre fois, même si les textes, acceptables ou non, ne trouvent finalement pas de place sur le tiers.livre.

Par contre, j’avais essayé pour la proposition n°7 http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4009 un lien avechttp://brigetoun.blogspot.fr/2014/08/solder-juillet.html ma tentative pour le 4ème et le 6ème exercices, ce qui a donné
Sur deux mains
Main noircie de tant de soleils, main perlée de sueur, la lumière du matin filtrée par les rideaux posée sur son abandon. Se lève lentement et sort de la tache de clarté, les veines apparentes crument, comme un treillis de cordages, tout à l’heure, s’effaçant dans cette plongée en pénombre. Revient, les perles de sueurs maintenant noyées par l’eau d’un pot renversé, se poser sur le front, et la peau est craquelée, parsemée de marques, de taches, d’on ne sait quoi, de fatigue, un peu verte dans le creux qui s’ouvre à la base du pouce. Une voix qui marmonne, un peu haletante, un nom inaudible, et un petit rire de dérision. Une seconde main, ferme, sèche, un peu jaune plutôt que brunie, se pose délicatement sur la première, pour la retirer, et, s’armant d’un linge humide, caresser le front. Main féminine qui garde, dans sa maigreur énergique, un peu du souvenir potelé de l’enfance, les doigts longs, qui pourraient être de pianiste, seuls frappés de fouet par la lumière. Le dos de la main, le poignet, se dissimulent, se devinent, dans l’ombre de la grande manche, quand ils ne sont pas masqués par l’épaule qui se penche. Silence, heures glissent avec lenteur infinie ; dans la chambre, la lumière de l’après-midi, qui arde par la fenêtre dont les rideaux ont été tirés, heurte la main du gisant posée comme une pierre ponce, fermée, sombre, terne et légère, sur la poitrine, sous le cou tendu à la recherche de l’air. Silence peuplé de légers bruissements, feuilles, pas glissants, jour déclinant. Nuit, une lanterne, que porte un serviteur invisible, éclairant le lit, vers lequel se tend, entrant dans la lumière, la main féminine qui porte une tasse aux lèvres avides de l’homme malade, qui la repose, qui se tient suspendue au dessus du drap – calme de la voix qui rassure ou le tente pour l’entrée dans le sommeil, main, bras qui se retirent, et dans l’obscurité revenue, posée sur le drap en sagesse appliquée, la main du malade, sombre, noueuse, cherche l’abandon, l’absence, comme pour laisser venir ce sommeil qui se refuse, et puis se crispe dans son refus tendu de céder au désir de presser, griffer, la gorge nouée.

Sunday August 24, 2014 at 18:14

Sunday August 24, 2014 at 6:33

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