Saturday August 02, 2014 at 0:05

En lisant les vases résistants


Comme c’était un premier vendredi du mois, me suis préparée, matin, à une vie de nonnette studieuse en son scriptorium
Bien sûr je me moquais un tantinet de moi, parce que mon séjour en cette lecture, même attentive, serait bref
Mais, malgré la décrue des vases (j’ai dû passer jeudi soir plusieurs années en revue et j’ai été éblouie par la longueur de certaines listes passées), il restait une belle grosse poignée de valeureux, parmi les meilleurs selon moi, pour échanger, bellement, en ce premier jour d’août..
à déguster tranquillement
Il y a eu :
enfance ?
requin requin voix chantée d’un enfant
avançant en courtes phrases ou segments de phrases, comme toujours, de strophes en strophes, ponctuées par un quasi refrain qui a toujours comme fin requin requin la voix chantée d’un enfant – une fenêtre éclairée, la nuit d’un jardin, les rues chaudes, un terrain blanc, une voix, raconte l’histoire avec des musiciens, l’histoire d’un homme d’orage… vous laisse découvrir.
Je ferme les yeux plantes arbustes herbes vivantes envahissent la fenêtre du train – j’isole une image – le laurier rose fleur guerrière d’Appolinaire – la répétition de l’obscurité – je dessine des formes disparues – ici une personne aimée son sourire ici un passage de pierre des marches ici une ville et ses lumière – ici un arbre ses fleurs tombées – puis quelques mots.
et
un été 14 de bleuet coquelicot
un été 14 vu par la petite qui suit sa mère, la famille, le personnel de la ferme aux champs - la chaleur sur les corps au travail, et soudain le tocsin – la petite qui découvre le désarroi des adultes –
la petite une semaine plus tard donnant la main à la moisson en l’absence des hommes – les lettres, l’avancée de l’été,
Les moissons sont presque terminées, heureusement car la pluie dégringole, froide, drue dans le dos de la petite. Elle brave pourtant l’orage, fièrement, pour donner du fourrage aux chevaux de la cavalerie française. Ils ont encore fière allure avec leur robe luisante. Pendant que les soldats bouchonnent leur monture, la mère  leur fournit des œufs et de la paille sèche pour dormir. La petite rit beaucoup en les écoutant se plaindre des gros rats «au moins un mètre de la tête à la queue» qui , la nuit, leur tombent sur le visage dans leur gourbi. Les rats, la petite les croise tous les jours dans la grange, ils font cache-cache, elle n’a pas peur. Ceux-là remontent de la rivière, dit maman, car la terre est bousculée par la guerre, ils se réfugient dans les tranchées, pour se nourrir. Normal, pense la petite, les rats aiment les tranches autant que les croûtons.
Etc… et pour nous aider à vivre (ne peux dire revivre) cet été à travers ses mots, Eve y joint des photos personnelles de ce temps là.
silence
l’ombre disparue
de l’herbe et du sable, un ciel bleu, un petit baobab photographié par Cécile Benoist, et pas d’ombre
adresse méditative au petit baobab
Et des images défilent, je te vois dans quinze, vingt, cinquante ans. Des enfants jouent autour de toi, une vieille vient chercher tes fruits pour soigner sa petite-fille, une jument se repose sous tes branches, un cultivateur déjeune dans ton ombre. Un voyageur écoute ton silence. Comme moi.
et
silence sauvage
sieste dans un pré, rêve où la nature se retrouve ensauvagée et réveil dans un début de tempête, tenter de la fuir, se retrouver corps seul, proie de la pluie, du vent, voir la foudre
Je crois bien que j’avais la fièvre. J’ai tout de même bien fait de rester à cet endroit. L’arbre où je m’étais réfugié un instant auparavant a été illuminé, enveloppé. J’ai entendu un déchirement affreux. L’arbre s’est abattu quelques instants plus tard. L’orage est parti aussi subitement qu’il était venu. Et, il n’y avait plus de vent. 
écrits en cours
conte de l’homme qui dort
avoir son homme qui dort, en soi,.. et non je ne dirai pas ce qui en découle, allez lire le sage conteur, profiter de déroulement de ce qui sous-tend le conte, de cet homme qui dort, de nos rapports avec lui, le nôtre, quand en avons un, etc…
Je progresse dans l’écoute de mon homme qui dort. J’ai relu les livres qui en parlent: ils sont peu nombreux. Dans ces moments où le retrait vous prend vous-même, vous pouvez vous concentrer sur la cessation même – c’est lui, il est là. Je gagne sur moi-même: c’est de l’abandon qu’il est question.
et
Loop road reloaded
après une présentation par François Bon de Philippe Rahmy, de son écriture, de Béton armé, du travail en cours, un passage de ce livre futur, l’histoire d’un jeune, issu de Bab el Oued, qui s’installe à Londres et découvre qu’il est possible de vivre, de vivre mieux qu’en France, qu’un peu partout, quand on est catalogué musulman – un matin qui se lève sur Londres, donc
Les nouveaux immigrants sont marocains, libyens, égyptiens, français. Ils marchent, ils tombent, ils chantent. Leurs chants portent jusqu’aux lointaines patries. Ils chantent pour leurs familles, pour leurs femmes, pour leurs enfants et pour leurs morts. Ils chantent aussi pour le pays qu’ils traversent, pour les arbres, pour les bêtes qui les voient passer au bord des rails, et pour leurs rêves qui leur filent entre les doigts. D’un téléphone à l’autre, la plainte des oubliés de l’histoire monte dans le ciel. Ils se serrent les uns contre les autres pour ne pas tomber des wagons. Quand ils éteignent leurs téléphones, ils se refilent une craie. La tôle est leur canevas. Ils dessinent le portrait de leur ange protecteur, Mama-Diesel, patronne des vagabonds, une grande vulve de pissotière qui les enveloppe comme une mère…
et je lirai ce livre, comme le précédent…
une superbe photo de plage (quand on l’agrandit) et une femme devant sa page blanche, évacuant l’idée de repos, cherchant des histoires d’aventures, de navigation lointaine, ou d’autres, mais qui n’aient pas déjà été écrites
Ne vaudrait-il pas mieux évacuer explorateurs et sextant…inventer du rien, un monde abstrait colonisé par du rien…ou des amibes. Des amibes qui mesureraient la distance des bactéries avec des néo-sextants riquiquis…La difficulté sera de donner corps à des entités microscopiques, elles existent dans une temporalité débarrassée de Pacques, des vacances à la plage et des cadeaux au pied du sapin.
et
suivre un texte fermement mené où l’on voit un garçon faire la connaissance de deux voisins, deux vendeurs, les écouter parler en wolof, tenter une approche grâce à une photo, et avec un appareil merveilleux pouvoir traduire leurs mots, d’où
Clignotant rouge : fin de la traduction. Jean-Pierre, Steeve et Parfait se sont évaporés le temps de ranger mon appareil. Je suis rentré chez moi à l’heure pour regarder un épisode de ma série préférée. C’était l’été 2054, l’année où je suis devenu un homme qui doute. 
contes
la marchande de nuit
un très joli texte (et photos d’une étrange et belle «poupée») sur la pauvre petite marchande de nuit
Elle accumulait comme des trésors pattes, ailes, antennes ou abdomens d’insectes et os provenant de squelettes de petits animaux. Une tête de musaraigne par ci, une coquille d’escargot par là suffisaient à son bonheur. Elle assemblait ses trésors, inventait des créatures et leur insufflait la vie. La marchande de nuit défiait la mort et se prenait pour Dieu.
et
les yeux rouges
ponctué de belles photos, conte peut-être mais en vers et conte cruel, d’une porte scellée depuis longtemps sur un secret, une vie derrière la vie, conte de la curiosité, du désir de savoir si grand que
la porte s’ajoure
dentelle
aérienne
des trous d’obus apparaissent
laissent entrer
la lumière
dans le réduit
laissent sortir
les ténèbres
les non-dits
l’odeur de cave humide
de mort peut-être (et l’on pense en écho à la robe de la marchande de nuit)
et vous laisse descendre de strophes en strophes vers ce qui est derrière la porte.
poèmes, sensibilité et nature
à partir d’un poème de Martine Cros, faire de la découverte, de la lecture d’Alejandra Pizarnik, de l’avancée dans ses textes, une prose poétique, à l’ombre ou plutôt devant son tamaris, vieux de tant de souvenirs
Au fil des jours, ses fleurs roses ont disparu, remplacées par de tendres pousses vertes.
Elles poussent, poussent.
Elles me parlent de toi.
et
à partir d’un texte de Danielle Masson, et avec une photo de Gordon Hepton
un poème, poème au plaisir des mots, poème de la nature, de la femme, du soldat d’acier
Mon âme à présent peut s’étendre-en-toi,
mon coeur bleu comme peur à mes flancs l’y joindra
Dans le poème tapi les caresses-nuit iront s’éprendre
des rimes de rose-source et de silence-drap
Ô sonnets composés de nos yeux enlacés,
de galets en galets, faites donc les biches !
The road (et échange de photos)
quelque chose n’est pas allé comme devait mais quoi
en superbes longues phrases un road trip (mais si) ou au moins un road movie, une aventure au courant de la route, d’une jeune femme, dans une Amérique comme on peut se l’imaginer à cet âge, à lire en se laissant bousculer par la route jusqu’à
une nuit sans sommeil à craindre qu’ils reviennent, une nuit en guerre, tout toi, sommée de lutter, et un petit matin dont tu triompheras, moulue, les muscles éteints, mais entière, que tu comprends.
Tu sais que c’est là que ça a explosé, l’enfance.
et
road party
non pas la route mais the road et, avec ce mot, s’ouvrir à un monde, un rêve d’autre part, d’autre vie, aux films, à la littérature – belle réflexion de Dominique Hasselmann, où passent des films que nous avons aimés (il devrait lire éclats d’Amérique d’Olivier Hodasava, ou Mobil de Butor, au cas improbable où il ne l’aurait déjà fait, même si le thème est le seul lien)
Fantômes du voyage, du trip, bruits de chaînes (évidemment), engoulevents rencontrés par surprise, On The Road Again, blues écorchés qui grattent sur des 33 tours usés, Bob Dylan revisite la Highway 61, le guidon trépide, le volant trépigne, ces engins nous emportent on ne sait plus trop où, vers une dernière frontière, peut-être un dérapage, une sortie de route, l’éblouissement final, la mort rôde, elle carbure indéfiniment, s’alimente à un réservoir caché, camouflé, que l’on ne peut détruire, nous en sommes ses clients obligés, captés, prisonniers, comme dans toute entreprise marketing menée d’une poigne de fer.
et puis l’échange de sons, d’images, de textes entre
ce en quoi j’ai cru entendre une musique aborigène, qui est en effet celle d’un dijeridoo enregistré devant le centre Pompidou, accompagnant un texte poétique, recherche appuyée sur Emily Dickinson et Bachelard
Oui. Mais je continuais à chercher ces «heures salubres» passant une porte puis une autre, enchaînant les pièces. Tu aurais pu me dessiner la joie, m’inviter dans la ronde des plus beaux enfants, leurs jeux les plus familiers, ces heures salubres étaient ailleurs
et
Retour à Donostia San Sebastian, à la recherche d’Alberto,
une bande son qui vous emmène autre part, en conversations devinées, musique, bruits divers, à mettre en marche d’entrée pour accompagner la lecture du retour à la Concha pour retrouver Alberto, rencontré sur la plage, en janvier, plein de colère et détermination à trouver des solutions

De ce voyage, restent ces quatre petites cartes postales sonores collées ensemble. Les paroles mêlées des passagers du train. Les phrases d’un saxophoniste de jazz assis au-dessus de la plage. Le bruit de l’océan qui remonte de la mer jusqu’à la promenade. Et le vacarme du Bar Bartolo, dans le vieux Donostia, où j’aurais bien partagé quelques tapas et un verre de tinto avec Alberto.

Saturday August 02, 2014 at 0:02

Habiter le mouvement

Sans titreDéjà enfant, je faisais vivre dans mes jeux de construction le fantasme du wagon-maison, espace de train habitable, c’est-à-dire fantasme d’un hors du monde clos sur lui-même et en perpétuel mouvement, mais mouvement insensible, pareil à une gravitation – immobile dans la mobilité, une capsule étanche sur les parois de laquelle le monde entier viendrait s’afficher en projections successivement fixes, à la manière de ces jumelles qui n’ouvraient sur rien d’autre que sur les photographies d’un diaporama : pyramides d’Égypte, chutes du Niagara, tour Eiffel, etc. J’éprouve encore cette joie particulière à l’idée d’habiter le mouvement, la transition même, un perpétuel entre-deux de paysages en ayant avec moi toute ma vie contenue, concentrée entre les vitres d’un wagon. Comme si déjà se jouait dans la conscience enfantine la compréhension immédiate des potentiels de cette pure trajectoire tendue vers son point d’arrivée, toujours en partance, et qu’elle en nourrissait ses rêves de vitesse – même procédé qui fait que par la vitre d’une voiture on s’imagine un personnage, un objet ou un autre véhicule accompagner en parallèle de la route sa propre avancée, en bondissant d’arbre en arbre ; en train, la forme se dissout dans la seule vitesse, ligne qui fuse, lorsqu’on tente de lui faire suivre la perforation qu’opère le TGV dans la chair même du monde, ou bien elle s’immobilise aussitôt dans la mémoire, en résistance à la dissolution des contours : une ville à plat ventre dont la dorsale bétonnée émerge de derrière les bosquets, au loin, dans une perspective douteuse qui fait surgir les immeubles et les tours d’acier, immédiatement après le fouillis verdoyant des branches, chaque feuille dépassant en taille le moindre édifice devenu miniature – une ville de poupées sous un grand rideau d’arbres – ; d’épaisses forêts suspendues aux anfractuosités d’un roc en pleine course, falaise dont les plaies minérales se couvrent de verdure comme d’un baume, tout un horizon barré d’épaules qui émergent du sol comme au réveil d’une famille de géants, et, à l’articulation du bras avec le torse froid de la colline, la silhouette élancée d’un poteau où arrivent puis repartent des câbles noirs sur le ciel clair ; un bras métallique entre la voie que tracent les rails et la route, masse allongée tout en angles et en arêtes, au milieu des terrains sans perspective : depuis son carré presque parfait, enclos de barrières dans l’herbe rase, la pompe à pétrole répète le même geste saccadé, inlassable, de travailleur impassible et sans sommeil – curieuse apparition d’une silhouette qui, de tout son être, exprime les espaces outre-Atlantique, leur absence totale de limites, et déplace subitement un monde – lumières, fracas et fureur agonisant au loin – en pays étranger. Lorsque parti du Jura on ouvre les yeux étonnés, comme à l’instant du réveil, sur la Champagne, rien ne vient rappeler, dans le calme endormi des grands espaces, cette géographie bousculée saisie en un moment précis de son bouleversement, et que l’on vient de quitter. La nature fatiguée, elle aussi, de ses changements d’aspect, se laisse aller à l’uniformité reposante d’une contrée où la pensée libre s’épand sans rencontrer d’obstacles.

Simon Stawski

Le train & L’envers du cadastre

dans la revue nerval.fr

http://nerval.fr/spip.php?article117

Friday August 01, 2014 at 16:30

Friday August 01, 2014 at 16:15

Thursday July 31, 2014 at 23:47

solder juillet

aller jeter un mois de journaux, revues, papiers, et verres dans les bacs de ciment sous les remparts, le ciel bleu
le vent qui nettoie le sol, mais laisse la tiédeur nous revenir…
pharmacie, lumière, petite allégresse, 
une envie de danser sans raison de la carcasse, vieille comme les vieux fils et câbles sans utilité qui se balancent.
Sur le chemin de l’antre, s’arrêter un moment devant Ducastel, le vide qui s’y fait, les oeuvres repoussées, les ouvriers, en petite inquiétude (ne veux pas qu’ils ferment, font partie de mon décor, me créent des désirs presque réalisables)
ne se sentir bonne à rien, juste à végéter, et se juger bien incapable de s’extirper mots, reprendre, comme hier, ma contribution, aux premiers jours du mois, avant la plongée dans le festival, à la proposition n°4 de François Bon sur Tiers livrehttp://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3996 impossible retour (mais d’ici même) – lire, je vous le conseille, la présentation, la consigne, si vous pouviez les liens, et Françoise Gérard, Philippe Castelneau, Dominique Hasselmann, Christine Grimard, Alice Neubeurger, Nathalie Fragné, Laurent Shaffer… et donc si voulez bien, Brigitte Célérier :
car je devrai parler de toi
car je devrai parler pour toi, puisque on t’attend en vain, tu ne le sais pas encore, peut-être, mais j’en serai sûr, ou à tout le moins de ton retard
car je vais devoir parler de toi, que j’ai laissé, à ceux que tu avais quittés, comme te l’ai promis
je ne pourrai ou ne devrai pas dire les murs et la longue fenêtre qui ne s’ouvre pas, le soleil dardé qui fait du lit un piège humide où croupir
car nous nous disions tu entends la mer, ou nous nous regardions avec le désir de la mer dans les yeux, mais nous ne la voyions pas, mais tu ne la vois pas
car elle parlait de la terre quittée, très loin, de mer en mer, et qu’elle était là, au bout du terrain sous la fenêtre
car de toutes ses voiles le bateau m’emmène mais que tu ne l’a pas pris et ne le prendra pas
tu es là, dans la chambre, seul maintenant, ou peut être pas
mais tu parlais, tu parle, si peu que cela ne change rien
langue liée par la fatigue ou le découragement, ou la peur des mots qui viendraient dire ta détresse, lui donner existence
je regarde le sillage, un marin qui vide un seau, je tends mon visage à l’humidité de la mer, je pense à toi, à la moiteur où tu cherches le repos
et tu vois le mur chaulé, le christ bleu, le rideau que tu voudrais tirer sur la lumière
tu attends, tu guettes les pas glissés des serviteurs, le claquement des chaussures des soeurs,
tu roules sur toi même, en ahanant, tu tends un bras désobéissant vers le pichet posé à terre
tu retombes sur le dos, regarde les lézardes du plafond
tu es peut-être ici avec moi, et les murs se font de toile, claquent dans le vent, et les palmes qui s’agitent dehors le font comme des lames lentement formées et déformées
mais tu ne pars avec moi, dans le rêve, que quand la fièvre t’y aide, quand elle se fait refluante
car tu ne partira pas, ligoté par la fièvre qui te ligotes avant de t’anéantir, tu le sais…
nos fièvres, qui nous ont cloués dans cette maison de fièvres, avant que s’éteigne la fièvre de richesse qui nous tenaient en ce pays, avant que nous jugions venu le temps du départ, avant qu’il nous lâche.
Mais je sais que je me trompe sans doute, que la maison t’a avalé, que tu n’as plus le désir de l’en-à-aller.

Thursday July 31, 2014 at 22:36

Thursday July 31, 2014 at 16:04

Thursday July 31, 2014 at 15:15

Thursday July 31, 2014 at 3:30

1 note

Diaporama festival 2014 Large

(Source: youtube.com)

Thursday July 31, 2014 at 0:02

2 notes

Revient la lumière – paresseusement reprendre participation aux propositions du tiers livre

Matin, froid aux jambes, une envie d’allumer le chauffage chassée par le ridicule et une douche chaude… en rester à une expédition vers le teinturier
et trouver de nouveau le soleil, la brillance, les ombres, mais un air qui pour moi est encore un peu trop tiède..
plaisir et lassitude de la petite marche dans les rues familières, en leur calme
relire et envoyer mon essai de participation, très en retard, à la cinquième proposition de François Bon http://www.tierslivre pour l’été 2014mettre son dialogue en bocal
J’étais partie sur une image que j’avais en tête, ne sais pourquoi, et ne savais où j’allais… ai tenté de m’en sortir et bien entendu cela n’a aucun rapport avec mes participations aux propositions précédentes, aux premiers outils pour un roman… ce qui tend à me confirmer que, à supposer que puisse écrire, n’ai certainement pas le souffle d’un roman - (on verra bien si c’est acceptable)
Jeté un oeil sur le dernier en ligne le n°6, mais sans même tenter d’y réfléchir en rester à des revues diverses, un peu de corvées, le soleil et le sommeil
Alors je reprends mes participations aux 2 et 3 (pour le 1, je l’avais déjà fait le 4 juillet, avant la pause festival)
Mais surtout, puisque nous avons le temps actuellement, sauf si le soleil, dehors, vous appelle, prenez le temps de lire les contributions de (cela varie selon les propositions, je note tous les noms) Dominique Hasselmann, Marie Christine Grimard, Françoise Gérard, Marlen Sauvage, Philippe Castelneau, Isabelle Baldakiz, Tristan Mat, Alice Scaliger, Laurent Schaffter, Gabries F., Nicole Fragné, Jérôme S… 
Le second comment se trouver des idées de roman http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3985
  • un couple de hasard, potentiel, se rencontre dans une boutique où chacun vient choisir un cadeau pour les noces d’une amie commune
  • un riche et jeune expatrié découvre qu’il ne possède pas les codes d’une bonne société, se sent humilié, se pique, décide de s’affirmer avec un peu d’arrogance, et des replis, ignore que la maîtresse de maison l’a élu comme gendre
  • une cousine pauvre reconnaissante et de plus en plus rancugneuse, en vacance chez une famille en perpétuelle éruption, prise pour alliée par la fille qu’elle supporte assez mal
  • une belle maison, une terrasse, la mer, des amateurs de littératures, un jeune poète introduit, le choix du thé et des disques
  • l’entretien d’une grande maison, reste de la splendeur passée, et la délicatesse des occupants, leur légèreté affichée
  • une mort brusque, accident, le regroupement autour de la jeune veuve, ses enfants et ses parents, dans la maison au bord de la mer, d’amis, de frères, de soeurs, venus de partout, la cohabitation, les intérêts tus, les attentions, la vie courante pendant les deux ou trois jours avant l’enterrement
  • relations ou non entre des étudiants de régions, opinions, goûts, aspirations, milieux différents, et le groupe qu’ils forment
ou le troisième l’action est une brève folie http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3987 (comme pour le précédent, c’est surtout la présentation, les suggestions de François Bon qui sont à lire)
première couche
la courbe de la route et les voitures lancées, au delà du carrefour, le soleil qui sort derrière l’arbre, le cendrier repoussé, carrefour, entrée dans flux, voiture en face brusquement traversant, irruption, le choc, et la voiture qui arrivait derrière, heurt – douleur rouge, plus rien
deuxième couche
est ce que c’était ainsi ? C’est ce qu’on se passe de mots en mots, pour s’annoncer ce qui est là arrivé, qu’on ne peut encore concevoir, puisque elle, bien entendu, elle ne peut plus rien dire, puisque les autres sont encore sous le choc, emportés vers des hôpitaux, allongés ou tenant la main des allongés
troisième et quatrième couches
«comment c’est arrivé ? Tu vois la route, elle revenait du hameau, elle avait déposé Isa - elle fait du cheval maintenant, la dernière passion - elle s’est engagée juste après la courbe de la route de Kermeur , là tu sais où les voiture lancées freinent à peine, et je n’en sais pas plus, quelle importance ?» - bien sûr quelle importance ? Et le silence retombe, nous ne savons que nous dire, je t’entends pleurer, mais je ne sais pas, je prends le temps d’accepter l’horreur, j’imagine, je me souviens un après-midi la petite route, le soleil qui sort derrière l’arbre, le cendrier repoussé, j’entends ta voix, coupée par la presse, la gorge qui se noue, et puis parce que je refuse encore - «carrefour… entrée dans flux… voiture en face brusquement traversant – comment ? on n’est pas encore sûr, ils ont dit pneu éclaté, mais pas sûr… il le chauffeur est en très mauvais état disait le gendarme, et c’est pas sa faute il semble… qu’est-ce que ça change ?» irruption, le choc, - «elle serait morte sur le coup, morte, sur le coup, ou tout de suite après, avant l’arrivée des secours… et puis» la voiture qui arrivait derrière, heurt, «un second choc, presque rien, enfin presque… mais le chauffeur est blessé, légèrement je crois, ils étaient deux, la femme n’a rien,» tu es lancée, tu continues, parce que bien sûr c’est pas possible c’est pas concevable, mais c’est là c’est arrivé, ce qu’on ne peut encore concevoir«elle a souffert ?» tu as un petit rire.. «Mais comment veux-tu que je te le dise ? Elle est plus là, elle ne peux nous dire» et puis une voix et vite «je raccroche, je t’embrasse, il faut que je prévienne les autres, et puis là les Verdier arrivent pour le déjeuner… comment il va ?.. il erre, il est comme fasciné par les enfants.. tu viens ?» «je dois partir là, suis seule, un chantier, et puis faudra que je regarde, que je passe faire un sac, je vous appelle pour vous dire quel train» mais je ne sais pas où je suis comment vais faire.. oui le rendez-vous, peux pas prévenir, comment je vais faire moi.. dossier, les clés… sa douleur rouge, plus rien les larmes non ! Plus tard.

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